Accord UE–États-Unis 2025 : critiques et déséquilibres de l’union douanière

Accord UE–États-Unis 2025

Le 27 juillet 2025, l’administration de Donald Trump et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ont scellé un accord sans précédent : un droit de douane fixe de 15 % sur la plupart des produits importés des 27 États de l’UE, en contrepartie de 600 milliards de dollars d’investissements européens aux États-Unis et de 750 milliards d’achats d’énergie et d’équipements militaires américains. Présenté comme un “armistice tarifaire” destiné à éviter une spirale protectionniste, ce compromis est immédiatement apparu, dans plusieurs capitales nationales, très largement déséquilibré.

Traitement asymétrique et manque de garanties

Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de réciprocité concrète : autour d’un “armistice entérinant un état de fait scandaleusement déséquilibré”, l’UE aurait concédé plus qu’elle n’a obtenu, notamment en matière d’accès au marché américain pour ses produits industriels et agricoles (Institut Montaigne).

Regrets des États membres

En France, le Premier ministre François Bayrou a qualifié ce compromis de « jour sombre ».

Les prérogatives de la Commission européenne en matière douanière 

La Commission européenne détient le monopole de l’initiative : elle propose au Conseil de l’UE le niveau des droits de douane extérieurs (article 31 TFUE), négocie et conclut, au nom de l’Union, les accords de libre-échange et les partenariats économiques avec les pays tiers. Elle veille aussi au respect, sur le terrain, du Tarif extérieur commun (TEC) et peut ouvrir des enquêtes contre les pratiques déloyales (dumping, subventions excessives) dans le cadre de la politique commerciale commune (PCC).

Enjeux et critiques de la politique douanière de l’UE

Plusieurs observateurs estiment que l’union douanière sert parfois d’instrument aux intérêts stratégiques de l’UE : l’accord asymétrique avec les États-Unis et les tensions post-Brexit au Royaume-Uni illustrent la difficulté de concilier ouverture commerciale et souveraineté économique.

Certains craignent que la dépendance accrue aux importations énergétiques et technologiques extérieures n’affaiblisse la capacité de l’UE à défendre ses normes et ses industries dans les négociations internationales.